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L'histoire du Jeune Théâtre National


>> Les équipes du JTN

Depuis septembre 2000
Marc Sussi : directeur
Agnès Quinzoni
: secrétaire générale
Elisa Cornillac : administratrice (depuis février 2006)
Nicolas Royer : administrateur (de janvier 2001 à février 2006)
Anne Dauphin : coordonnatrice des auditions et du site Internet
Daniel Gacon : régisseur (jusqu'en janvier 2002)

1993/2000
Josyane Horville : directrice
Jacqueline Ledogar : assistante de direction
à partir d'octobre 1998, Yannik Burk
Agnès Quinzoni : secrétaire générale
Daniel Gacon : régisseur

1983/1993
Denise Leclerc : directrice
Jacqueline Ledogar : assistante de direction
Daniel Gacon : régisseur

1981/1983
Patrick Guinand : directeur
Bernard Chatelier : assistant
Jacques Cousinet : secrétaire général
Daniel Gacon : régisseur

1975/1981
Jacques Rosner/Josyane Horville : directeurs
Chantal Palleau : secrétaire générale
Serge Odyniec : directeur technique
Daniel Gacon : régisseur

1971/1975
Loïc Volard : directeur
Jacques Martin : directeur technique
Daniel Gacon : régisseur
Bernard Michelin : régisseur



1971/1975
Loïc Volard : directeur
Jacques Martin : directeur technique
Daniel Gacon : régisseur
Bernard Michelin : régisseur


   

>> Quelques témoignages

Pierre-Aimé Touchard :
Directeur du CNSAD (1968 à 1974)
Président du JTN (1971 à 1975)

« Depuis qu’il assurait la direction du Conservatoire, Pierre-Aimé Touchard était préoccupé par le problème de l’entrée professionnelle des 20 comédiens qui sortaient de cet établissement et dont quelques-uns seulement étaient recrutés par la Comédie-Française. Il souhaitait voir se constituer une sorte d’école d’application pour ces jeunes comédiens. La décision fut prise de constituer une troupe d’anciens élèves du Conservatoire. Il restait à donner un nom à cette formation, à définir ses modalités de fonctionnement et à dégager les moyens financiers correspondants...
Tout cela fit, au cours de l’année 1971, l’objet de nombreuses conversations et négociations entre Pierre-Aimé Touchard, Pierre Dux et moi-même, dans un climat d’amicale et chaleureuse complicité.
Après avoir éliminé les appellations de “Cadets du Conservatoire“, “Cadets de la Comédie-Française“, “Théâtre national de la Jeunesse“, l’accord se réalisa sur le nom de “Jeune Théâtre National“.
Il fut par ailleurs convenu que la troupe serait dirigée par un professionnel expérimenté - Loïc Volard, proposé par Pierre-Aimé Touchard, fut immédiatement agréé - et qu’elle se composerait de 16 comédiens sortant du Conservatoire et recrutés pour une durée de deux ans à raison de 8 par promotion».

Guy Brajot, Directeur du Théâtre au Ministère de la Culture en 1970

Loïc Volard :
Premier directeur du JTN (1971-1975)

« Le premier spectacle du JTN fut “Le Testament du Chien“ d’Ariano Suassuna dans une mise en scène de Guy Lauzin. Nous sommes à l’automne 1971 et l’Odéon part à la conquête d’un nouveau public (...). Le soir de la Générale, les jeunes comédiens firent merveille et leur enthousiasme et leur foi entraînèrent immédiatement la salle. Ce fut le premier franc succès de l’Odéon dirigé par Pierre Dux. La troupe réunissait une vingtaine de comédiens sortis de l’école deux ou trois ans auparavant et qui se retrouvaient dans une fièvre joyeuse. (...) Ce succès permit au JTN de se faire connaître et d’envisager de longues tournées à l’étranger sous le patronage de l’AFAA. »

Jean-Pierre Vincent :
Directeur du Théâtre National de Strasbourg et vice-président du JTN (1980-1983)

« La troupe commençait à souffrir, dans son répertoire et dans sa pratique, de l’étroitesse de son recrutement. Ou bien il fallait ne monter que des textes interprétables par des jeunes comédiens, ou bien vouer certains d’entre eux aux compositions. De plus, le “frottement“ avec des comédiens d’autres générations, si profitable, faisait défaut. J’ai donc transgressé, avec la complicité de Loïc Volard et du Conseil d’Administration, les règles en vigueur. C’était en 1974, pour en « En Rev’nant d’l’Expo », que d’anciens élèves du TNS se sont mêlés à des membres de la Troupe et à des frais émoulus du Conservatoire. Ce spectacle a préludé d’une certaine façon à l’invention des nouveaux statuts et des nouvelles pratiques du JTN : sa liaison active avec tous les secteurs du métier. »

Jacques Rosner :
Directeur du CNSAD (1974-1983)
Président du JTN (1975-1983)


« Pendant l’été 1974, Michel Guy, alors Secrétaire d’Etat à la Culture, me demanda de prendre la Direction du CNSAD. Le Conservatoire, à mes yeux, était le vrai laboratoire de l’Art de l’acteur. Il me semblait nécessaire qu’il disposât d’un lieu de production et de création. Ce lieu ne pouvait-il pas être le JTN ? Etait-il possible de resserrer les liens qui unissaient Conservatoire et JTN ? (...)
Mon intention était aussi de faire du JTN le théâtre des élèves du CNSAD et de l’école du TNS, un théâtre qui allait permettre aux nouveaux acteurs, aux nouveaux metteurs en scène, d’entrer dans la profession par une voie royale (...) Malgré les efforts de Josyane Horville, la Directrice, le JTN n’avait pas les moyens d’accueillir tous les élèves et de devenir le théâtre-école dont je rêvais. Enfin, n’était-il pas souhaitable que les jeunes comédiens puissent travailler avec des comédiens de tous âges ? Alors, avant de quitter le Conservatoire et le JTN, je proposai la réforme que Denise Leclerc a fait entrer dans la réalité. »

Denise Leclerc :
Directrice du JTN (1983-1993)

« Après avoir fonctionné pendant plusieurs années comme une compagnie permanente, à partir de 1983, le JTN eut un autre mode d’action que je fus chargée de mettre en place. Les artistes sortis du CNSAD et de l’école du TNS font automatiquement partie du JTN. Comédiens, décorateurs, régisseurs, y restent pendant trois ans, sans que le JTN ait aucune exclusivité.
Je dois rechercher pour eux les spectacles en projet qui comportent des rôles correspondant à leur âge et qui offrent toutes les garanties artistiques et professionnelles. Lorsque le projet est accepté, le metteur en scène recherche dans le fichier les artistes qui peuvent lui convenir. (...) Pour inciter à leur engagement, le JTN rembourse au producteur leur salaire et les charges sociales durant trois mois. (...) Cette formule permet une liaison active avec toutes les formes et structures actuelles du théâtre, confronte les comédiens à des artistes plus âgés et à des conditions de travail diverses, et assure que, déduction faite des frais de fonctionnement, la totalité de la subvention du JTN est affectée au remboursement de leurs salaires. »


>> Entretien avec Josyane Horville, directrice du JTN (1993-2000)

Quand arrivez-vous au JTN ?

En 1974, Jacques Rosner prend la direction du Conservatoire et me propose celle du JTN. Entre-temps, les élèves de l’école du TNS avaient rejoint le JTN. Injustice due à leur l’éloignement, ils étaient beaucoup moins distribués que ceux du Conservatoire. Il fallait donc inventer un nouveau fonctionnement d’autant que le JTN n’était plus une troupe définie, et qu’il devenait difficile de jouer à l’Odéon.

Comment s’est mise en place la deuxième formule du JTN ?

Le JTN devient producteur de spectacles. Jacques Rosner assure bon nombre de mises en scène et fait appel à d’autres intervenants (Pierre Romand, Claude Risac, Gabriel Garran, etc.). Je cherche de mon côté de nouveaux lieux : Bouffes du Nord (encore merci à Peter Brook pour son accueil), Centre Georges Pompidou (où je suis aussi Conseillère Technique pour le Théâtre), Théâtres de la Cité Internationale, de l’Odéon, de la Commune d’Aubervilliers. Cela faisait beaucoup de spectacles, beaucoup de tournées, mais les artistes des deux écoles travaillaient.

Le JTN n’a toujours pas alors de lieu propre ?


Si, c’est à cette époque que nous intégrons les locaux où nous sommes aujourd’hui, rue des Lions-Saint-Paul, un ancien garage que nous allons réaménager. Mais en 1981, quelques mois avant les élections, je dois quitter Beaubourg et le JTN. Après avoir dirigé l’Athénée pendant une décennie, je reviendrai au JTN en 1993.

Quelles sont vos premières décisions lorsque vous reprenez la direction du JTN en 1993 ?

D’abord réinvestir ce lieu que j’avais vu naître : repeindre les murs, rénover les salles, mettre de la lumière, redonner de la gaieté, de la vie. Le JTN était devenu un simple soutien de production, un compte en banque pour payer des comédiens qui jouaient ailleurs. On était loin de l’idée de la troupe des débuts qui n’avait, cela dit, plus aucune raison d’être. Mais je souhaitais que le théâtre revienne au JTN.

Comment avez-vous ramené les jeunes comédiens au JTN ?

J’ai ouvert les salles et ils se sont mis au travail ! J’ai commencé par former des Groupes de travail qui étaient des relais entre la Direction et les artistes JTN. Ensemble, nous avons cerné les attentes de toute cette génération, et nous avons mis en place des formules censées y répondre.

Quelles étaient-elles ?


D’abord les Maquettes (les Recherches Libres), qui permettent à nos jeunes artistes d’expérimenter leur travail. Ensuite, les auditions publiques (les Recherches d’Acteurs), qui offrent la possibilité à des metteurs en scène de venir rencontrer nos acteurs. Pour le reste, je n’ai pas beaucoup touché au système de soutien à la production mis en place par Denise Leclerc.

D’autres choses encore ?

Les maquettes nous ont donné envie d’aller plus loin. C’est de cette idée qu’est né l’Institut Nomade de la Mise en Scène que j’ai créé au JTN et que je dirige toujours au Conservatoire. Cet institut permet à de jeunes metteurs en scène de se confronter à des "maîtres" tant en France qu'à l'étranger.

Comment toutes ces nouveautés ont-elles été reçues par la profession ?


Avec un réel intérêt, Les metteurs en scène de toutes générations confondues sont venus rencontrer les artistes du JTN et les ont largement distribués dans leurs spectacles.



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